Je suis doctorant en anthropologie biologique, et je travaille sur les populations Pygmees d'Afrique sub-saharienne. Je souhaite juste insister sur l'extreme precarite des conditions de vie des populations nomades de chasseurs-cueilleurs Pygmees vivant en RDC. Leur mode de vie se base essentiellement sur la cueillette, la chasse et la recolte du miel en milieu forestier. La destruction de ce milieu, ainsi que leur sedentarisation grandissante, menace leur subsitence meme.
Leurs conditions socio-economiques et culturelles demeurent tres precaires dans les villages d'accueil, ou ils entretiennent des rapports inegalitaires avec les bantous, maitres du mode de production villageois. Leur situation actuelle, si rien n'est fait, conduira a leur ethnocide en raison de la destruction acceleree de leur environnement de predilection, la foret, face aux imperatifs du developpement economique lie a la mondialisation.
Informer l'opinion publique.
N'est il pas possible d'interpelle l'opinion publique sur une plus large echelle ?
Ne peut on rien tenter pour mobiliser les gens contre la destruction de cet ecosysteme, surtout si il y a des dangers si importants pour toute une population ?
Tu le soulignes, « Leur situation actuelle, si rien n'est fait, conduira a leur ethnocide », cela devrai pourtant etre en mesure de faire bouger les consciences ? Ou bien ?
Mediatisation de la situation des Pygmees
C'est vrai que la mediatisation de la cause Pygmee est quasi inexistante... Il serait bien que Greenpeace integre un peu plus la situation des Pygmees dans cette nouvelle campagne pour le bassin congolais.
Nous verrons bien !
Shaihulud !
Populations des forets du Bassin du Congo et campagne Greenpeac
La defense des populations dependantes des forets du Bassin du Congo est un axe important de la nouvelle campagne Forets africaines de Greenpeace. Dans notre rapport « Non au pillage des forets du Congo », publie le 11 avril dernier, nous informons l'opinion publique des impacts desastreux de la deforestation sur les populations locales, agriculteurs bantous dont les cultures sont devastees par l'exploitation forestiere et communautes « pygmees » chasseurs-cueilleurs qui souffrent d'une exclusion sociale renforcee et d'une perte de ressources forestieres vitales.
Il ne s'agit pas pour Greenpeace d'avoir une approche « conservationniste » qui serait stigmatisante pour les populations mais d'alerter l'opinion publique sur les dangers de la deforestation pour les communautes locales d'Afrique centrale et de la mobiliser afin d'agir pour la defense des droits des peuples de la foret.
Outre cet aspect social, Greenpeace agit evidemment pour l'environnement puisque l'association se mobilise contre la destruction des forets primaires et pour la protection de la biodiversite a travers sa campagne Forets africaines.
Pour plus d'informations, voir le rapport Greenpeace « Le pillage des forets du Congo » , plus particulierement le chapitre « L'exploitation forestiere au Lac Tumba detruit les ressources des communautes locales », p 44 a 46
Baka et Aka
Je n'avais pas lu jusqu'au bout le rapport GreenPeace. C'est vrai qu'il faut vraiment eviter l'approche conservationniste.
Je voulais juste insister un peu plus sur les populations Baka et Aka, qui dependent encore plus des ressources de la foret, contrairement aux Twa, qu'on peut trouver dans des villages. Il serait vraiment triste que le mode de vie chasseur-cueilleur, extremement menace sur toute la planete, disparaisse a jamais. Ils gardent avec eux les derniers exemples d'une maniere de vivre qui fonctionne, et autre que celle des sedentaires agriculteurs, et dont on pourrait prendre exemple si nous savions vivre en harmonie avec notre environnement.
C'est un detail au final. Le principal, c'est qu'il y ait quelqu'un comme Greenpeace pour enfin se pencher sur la foret equatoriale africaine !!
Encore une fois merci pour cette campagne. Esperons qu'elle se mediatise un peu plus...
Mongo
Je partage tout a fait votre avis sur les Baka et Aka. En outre, il y a encore bien d'autres populations qui dependent des ressources forestieres de leur habitat naturel. Les mongo qui vivent le long de la riviere Tshuapa au nord et au sud de celle ci. Lors de mon premier sejour de travail dans cette region il y 30 ans, les animaux etaient encore nombreux a voir. Les tambours sonnaient souvent la nuit pour eloigner les elephants des lopins plantes de mais et de manioc. Par contre lors de mon sejour au meme endroit l'an dernier, plus de tambour la nuit. Les animaux sont devus bien rare dans toute la region. Le passage violent des refugies Hutu, des vagues de guerre civile ont encore plus decime la faune de cet ecosysteme si unique au monde. Y s'ajoute maintenant la menace de deforestation a outrance, et souvent illegale. Les populations mongo dans notre cas precis, sont bien conscients de cette menace qui pese sur eux. Les soldats de meme que les refugies Hutu ont emporte les animaux domestiques (caprins, ovins, volailles et porcs) ce qui pousse les villagois encore plus vers la chasse afin de parvenir a leur subsistance. Restocker le cheptel perdu diminuereait considerablement la pression sur la faune naturelle. Voila just un petit detail de plus qui pese sur cette foret pluviale humide. Il faudra repenser une approche integrale de sauvegarde durable.
Greenpeace joue un role crucial de cette campagne de mediatisation modiale. Un action de solidarite a grande echelle concrete s'avere necessaire.