Fin du mandat du president Chirac : ou en est la position de la France sur l'exploitation forestiere en RDC ?

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A l'occasion de la fin du mandat du president Chirac, Greenpeace fait le point sur la position francaise sur le moratoire sur l'attribution de concessions forestieres en RDC.

Dans le cadre de la campagne internationale de Greenpeace en faveur de l'extension du moratoire sur l'attribution de toutes nouvelles concessions forestieres en RDC, l'association a fait part de ses demandes au president de la Republique francaise des la fin de l'annee 2006.

Depuis cinq ans le gouvernement de RDC a mis en place un moratoire sur l'attribution de nouvelles concessions ainsi qu'un processus de revision des titres forestiers existants. Pour Greenpeace, la situation actuelle ne permet pas une levee de ce moratoire a breve echeance. D'une part, de nombreux titres ont ete attribues en violation du moratoire depuis cette date. D'autre part, il est indispensable de mettre en place un zonage de la foret, en concertation avec les populations locales, afin d'etablir precisement quelles parties des 60 millions d'hectares de forets â??“soit la surface de la France, doivent etre prioritairement protegees, quelle part doit etre reservee aux communautes locales et enfin quelle part pourrait servir a l'exploitation forestiere industrielle. Enfin, la levee du moratoire n'aurait aucun sens sans une meilleure gouvernance et un assainissement du secteur forestier.

Lorsque Greenpeace a fait part de ses demandes au president francais, la position de la France etait la suivante : le gouvernement est favorable a la levee du moratoire des la fin du processus technique de revision de la legalite des titres forestiers. Cette position qui est egalement celle de la Banque mondiale, repose sur l'idee que l'exploitation forestiere industrielle est un moyen d'apporter du developpement en RDC en faisant rentrer des devises grâce a l'exportation des ressources naturelles.

action cannes

A l'occasion du sommet Afrique France, en fevrier dernier a Cannes, Greenpeace a tenu a sensibiliser le chef de l'Etat et les presidents africains a la destruction des forets du bassin du Congo.

Paralellement Greenpeace a publie un document sur les erreurs du modele forestier mis en place au Cameroun avec l'appui de la Banque mondiale.

Depuis, Greenpeace a mene un travail de lobbying aupres du gouvernement mais aussi aupres des deputes afin qu'ils relayent le message en faveur de l'extension du moratoire aupres du chef de l'Etat. En avril, Greenpeace a publie le rapport "Le pillage des forets du Congo" sur l'etat de l'exploitation forestiere en RDC.

L'ensemble de ce travail a permis de faire evoluer dans le bon sens la position de la France : maintien du moratoire jusqu'a la fin du processus de conversion des titres forestiers et a l'etablissement de nouvelles regles d'attribution des concession en concertation avec les populations locales, mais aussi jusqu'a la mise en place d'une gouvernance suffisante.

Il ne reste plus qu'a esperer que le nouveau chef d'Etat soutienne cette position et reoriente les financements de la cooperation francaise, du soutien aux entreprises vers la protection des forets et l'aide aux populations locales.